Le P’tit Bec N°162 – 24 novembre 2018

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Humeur badine ou mutine mais humeur toujours

Par Claude van Effenterre

 

J’écris cet article le dimanche 18 novembre. Hasard du calendrier. La confection du P’tit Bec coïncide cette fois avec un événement inédit. La journée des gilets jaunes. Les vêtements se prêtent bien à se genre d’action. On avait connu les bonnets rouges en Bretagne en 2013. Il s’agissait alors de la fronde en réaction aux mesures fiscales relatives à la pollution des camions (les fameux portiques) et aux nombreux plans sociaux de l’agroalimentaire.

Et puis il y a quelques décennies, les chaussettes noires, dans un tout autre registre. Mais oh combien je préférais leur art à celui qui sévit depuis quelques temps avec la famille Surletableaudebord et leurs deux fils Gilles et John. Pour ceux qui n’auraient pas compris, C’est la grande blague du moment ! C’est dans la série Mr et Mme machin ont deux fils. Alors le 17 novembre, c’était hier samedi.

Le mouvement a réuni 250000 personnes, avec plus de 1500 blocages de ronds points, de centres commerciaux ou de bretelles d’autoroutes. Et un bilan assez lourd puisque dans cette seule journée, il y a eu 1 mort, 400 blessés dont 14 grièvement. Ne changez pas de chaîne, nous sommes bien en France.

Alors comme moi, vous aurez suivi cette journée dans les médias, vu des reportages à la télé, des vidéos sur Internet prises par des quidams sur les lieux de blocage. Et peut-être comme moi, vous aurez été ravis de  voir des actions calmes et citoyennes. Car en France, le droit de manifester est un droit acquis et c’est une arme pacifiste primordiale quand elle est utilisée dans les règles. Et puis malheureusement, des actions sont sorties du cadre démocratique. Insultes, agressions, manifestants sur les toits de voitures d’automobilistes, échauffourées,  automobilistes énervés par les blocages qui les contraignent, d’où ce bilan sombre pour une telle journée.

 A l’heure où j’écris, nous savons déjà que le mouvement devrait se poursuivre. Qu’en sera-t-il dans une semaine quand ce journal sera distribué, je ne suis pas devin. Mais on peut craindre le pire. La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. Cette maxime est tellement d’actualité aujourd’hui. Il serait intéressant de voir dans les composantes de ce mouvement combien de citoyens qu’il regroupe sont les mêmes que ceux qui s’insurgent par exemple sur les quais de gare sans train à chaque fois qu’ils subissent eux-mêmes ce type de blocage ! Et là, sortis de nulle part, ils viennent faire la même chose, en pire peut-être. Je dis en pire, car ce mouvement unit main dans la main les partis d’opposition que sont le RN, la FI et les Républicains. La brochette est savoureuse, non ! Et en leçon de démocratie, les deux premiers cités n’ont jamais brillé dans le genre tandis que le troisième   ne   sait  plus  trop  où  il habite depuis une désertion massive des siens et l’arrivée d’un chef plutôt tenté par l’ultra droite.

La planète a du mal à tourner rond en ce moment. Avec des régimes qui se durcissent un peu partout dans le monde, comme le Brésil tout récemment, et plusieurs de nos états en Europe, il y a de sombres relents d’histoire qui suintent. Une vague de xénophobie, d’homophobie, d’intolérance et de jusqu’au-boutisme  ne cesse d’enfler. Comme s’il fallait à tout prix user de cela pour exister.

Le respect de l’autre, le respect des institutions et de la République sont des valeurs indispensables à la démocratie. Attention à l’engrenage de jusqu’au-boutisme que les éventuels prolongements de ce mouvement risquent de favoriser.

Quand un pays vient enfin de rompre avec des décennies de laxisme, qu’il s’est donné un nouveau président, pour un projet accepté par une large majorité d’électeurs, et confirmé par une large majorité à l’Assemblée, il faut surveiller, alerter, manifester si ça ne va pas dans le bon sens mais ne pas s’enivrer d’un jusqu’auboutisme dont le pays pâtirait gravement. Une autre bataille est celle de l’écologie, bien plus vitale que celle qui se livre à nos carrefours. Il y va de la survie de notre planète, de la vie de nos enfants et bizarrement celle-ci attire peu de monde, et jamais un rond point n’a été bloqué pour cette cause…

 

 

Les émoticônes  Berk & Chouette

 Par Dominique BOUMIER

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Nous venons de vivre le centenaire de l’armistice de la guerre 14-18 qui a rappelé combien ce conflit a été meurtrier. Que de misère, de sacrifices pour toute une génération sacrifiée comme en témoignent les monuments aux morts de chaque village. Bon nombre de familles ont été éprouvées, certaines décimées, que de larmes versées. On se consolait alors en assurant que c’était « la der des der, qu’il n’y aurait plus de guerre ». Puis, vingt ans après rebelote, on prend les mêmes belligérants et on recommence, retour aux drames avec en plus un génocide. Quand je pense que certains affirment que la guerre c’est l’hygiène d’un peuple, pauvres types. Ces conflits mondiaux ont laissé la place à des querelles plus régionales à l’exemple de l’ex Yougoslavie. Nouveaux prétextes pour l’homme de mettre en exergue toute sa cruauté, multipliant les victimes au nom de l’absurdité. Et cela continue, en Syrie, au Yémen, au Nigéria, en Palestine… Des conflits alimentés en armes par des pays riches comme La France. Car il est là le paradoxe, on œuvre au grand jour en faveur de la paix mais on vend de quoi faire la guerre pour satisfaire les chiffres du commerce extérieur. Quelle tristesse !

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Bon, on pourrait en rester là, à ce triste constat, que notre monde a toujours connu des guerres et qu’il en sera toujours ainsi. Eh bien non, dans mon grand optimisme, je veux croire que l’homme s’assagit, que l’humanité grandit. J’ose espérer que de génération en génération, à la faveur des progrès en termes de communication et d’échanges, les individus du monde entier aspireront de plus en plus à vivre en paix. Du reste, la cérémonie qui s’est déroulée à Paris pour cet anniversaire 14-18, en présence d’une soixantaine de chefs d’Etats, alimente mes espoirs. Bien sûr, Trump, à la mine patibulaire, à grand renfort de twittes, a depuis douché quelque peu mon  enthousiasme, mais  faut-il attendre autre chose de cet imbécile trop imbu de sa personne. Il n’empêche qu’il était assis à quelques pas de son homologue  russe, pas tellement plus fréquentable. D’ailleurs, l’essentiel n’était pas là, mais bien dans cette cérémonie qui a donné un peu plus de grandeur à notre pays. Un président Macron inspiré dans son allocution, des jeunes participants émouvants, un déroulement sans le moindre problème ont fait de ce moment un hymne à la paix. Et puis, parce qu’elle adoucit les mœurs, la place prépondérante laissée à la musique, langage universel, était une riche idée. C’était beau et digne, à l’image de l’homme, non armé, quelle joie.

Le 24 novembre, c’était comment ?

Par Nimajneb

 

24 novembre 1963 

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Décès de Harvey Lee Oswald, principal suspect de l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy. Orphelin de père dès sa naissance, Lee Harvey connait une enfance et une adolescence instables. En 1956, âgé de 17 ans, il s’engage dans le Corps des Marines et est envoyé sur la base d’Atsugi au Japon. En 1959, il rompt son engagement et s’en va pour l’URSS. Il reviendra aux États-Unis avec sa famille en 1962, et ils s’installent près de Dallas où, en 1963, Lee Harvey Oswald tente d’assassiner le général Walker, vétéran de la Seconde Guerre mondiale. L’attentat contre le président Kennedy, qui lui est attribué, a lieu à Dallas en novembre 1963, et Oswald est arrêté dans un cinéma le jour même. Il est assassiné quelques heures après à son tour dans les garages de la police par Jack Ruby, en direct sous les yeux de millions de téléspectateurs.

24 novembre 1974 

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Découverte sur le site Hadar, en Éthiopie, d’un fossile de l’espèce éteinte Australopithecus afarensis aussitôt surnommé Lucy par l’équipe de recherche internationale. Ce fossile datant d’environ 3,2 millions d’années est complet à 40%, et il est le premier fossile découvert pour une période aussi ancienne. Il a été surnommé ainsi car les chercheurs écoutaient la chanson des Beatles Lucy in the Sky with Diamonds en répertoriant les ossements qu’ils avaient découverts, et elle est appelée Dinqnesh en amharique, ce qui signifie « tu es merveilleuse ».

24 novembre 1808

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Naissance de Alphonse Karr, romancier et journaliste français à qui on doit des citations telles que « La femme : un être qui s’habille, babille et se déshabille », « Chaque homme a trois caractères : celui qu’il a, celui qu’il montre, et celui qu’il croit avoir », « L’avantage du célibataire sur l’homme marié, c’est qu’il peut toujours cesser de l’être s’il trouve qu’il s’est trompé », « Tout le monde veut avoir un ami, mais personne ne s’occupe d’en être un », « Un baiser : c’est une demande adressée au deuxième étage pour savoir si le premier est libre », ou encore « La femme, dans ce paradis terrestre, a mordu le fruit de l’arbre de la connaissance dix minutes avant l’homme. Depuis elle a toujours gardé ces dix minutes d’avance »

 

LA CURIOSITE DU MOIS :  La pelote basque !

Par Sylvie Todeschini

Elle a fait son apparition dans le sud-ouest de la France, en particulier au Pays Basque et dans le sud de la Gascogne, où elle est encore l’un des sports les plus populaires (qui est issu vraisemblablement d’une évolution du jeu de paume). Au Pays Basque, il n’y a pas de village sans fronton pour le jeu de pelote. Si la date de naissance de ce jeu est incertaine, les premières allusions à la pratique de la pelote basque dans la région remontent au début du XVIème siècle. Voici  une présentation des principales caractéristiques de ce jeu. Il se pratique sur des aires de jeu appelées cancha. Elles sont composées d’une surface jouable au sol délimitée par des lignes blanches et d’au moins un mur, de taille variable placé à l’extrémité du terrain et appelé fronton. La taille de la surface jouable varie selon la catégorie de pelote pratiquée et peut  aller  jusqu’à  80m  de long.

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On distingue aussi deux sortes de frontons : le fronton à un mur ou frontis et celui qui comporte un frontis et un mur à sa gauche. La pelote basque est un jeu de balle exigeant force et habileté.  A noter : les disciplines se pratiquant par l’intermédiaire d’un mur sont dites « indirectes » ou blaid, contrairement aux disciplines « directes » où les équipes s’affrontent face à face (rebot, pasaka). La pelote se joue le plus souvent de façon indirecte : les joueurs doivent alors renvoyer la pelote (la balle) chacun à leur tour avant ou après le premier rebond au sol. Le but du jeu est de toujours renvoyer la pelote sur le fronton pour qu’elle puisse rebondir. Le joueur ou l’équipe qui ne renvoie pas la pelote directement sur le fronton perd le point.

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Si un joueur l’envoie hors de la surface de jeu, il perd le point et le but (engagement) va à l’adversaire. Par ailleurs, le joueur doit dépasser une ligne minimale appelée Falta pour que le but soit validé. Inversement, il y a une ligne maximum, appelée Pasa, que le joueur n’a le droit de dépasser qu’une seule fois : la première fois, le but est à remettre et la seconde fois, le point va à l’adversaire. La pelote basque est un sport comprenant plusieurs spécialités différentes, dont le nom vient de l’instrument de frappe utilisé.  En somme, il existe différentes façons de jouer à la pelote, du jeu à main nue à la cesta punta (qui se joue à l’aide d’une chistera) en passant par le jeu de pala. Les chisteras sont des corbeilles en osier tressé permettant d’attraper la pelote et de la renvoyer. Il existe de différentes tailles et de différentes profondeurs. Les palas sont des raquettes en bois dont il existe différents types (selon la taille et le poids). Le xare (ou raquette argentine) désigne une raquette en osier courbé avec du fil tressé en forme de toile d’araignée en son centre.

La pelote, on appelle ainsi la balle utilisée en pelote basque. Il en existe de différentes tailles, poids et compositions. Une pelote pouvant atteindre 300 km/h en cesta punta, les joueurs sont munis de casques afin de se protéger des impacts. La pelote est traditionnellement faite en cuir et fabriquée entièrement à la main. Sa fabrication représente 4 heures de travail.  Si la taille et le poids des pelotes varient selon les disciplines, leur conception est toujours la même : un noyau en gomme ou en latex est entouré de cordelettes de laine, puis l’ensemble est recouvert de cuir de chèvre cousu à la main.

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Petit lexique de la pelote basque

- A la novia : à la fiancée (le dernier point)

- Ados, berdinketa : égalité

- Atxiki : pelote gardée dans le gant ou dans la main

- Berritz : pelote à rejouer 

- Errebot : la balle rebondit et touche le mur du fond

- Falta : pelote fausse

- Jo : jeu (annonce le service)

- Paret : la balle touche le mur du fond après avoir touché celui de devant.

- Pik : la pelote rebondit contre le mur du fond et le sol en même temps, celle-ci roule sans possibilité de jeu ; c’est une faute pour celui qui l’a envoyée (sauf au rebot où c’est un point gagnant)

- Punpa : faute technique, contraire de atxiki, rebond de pelote dans le gant

- Sakea : le but, le service. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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