Le P’tit Bec N°160 – 22 septembre 2018

Météo,

Mets tes bas, la fin de l’été arrive…

Par Claude van Effenterre

 

Et cet été qui n’en finit pas de durer ! Nos épidermes sont brunis, tannés, délavés par le soleil et asséchés par tant de chaleur. Les visages burinés à la Charles Bronson dans Il était une fois dans l’ouest ou à la Vincent Delerm dans Natation synchronisée. Et avec la chaleur, par contingents entiers, les moustiques ont envahi notre environnement. Ils sont partout. Dans la chambre, la salle de bain, sur la terrasse. A l’affût du moindre bout de peau pour aller puiser notre sang dont elle a besoin pour sa ponte. Et oui, c’est uniquement la femelle qui pique. On a tout essayé. La citronnelle, les lotions répulsives qui vous donnent envie de quitter votre corps tellement ça coinche, les diffuseurs de tablettes aromatisées que l’on fait chauffer toute la nuit dans la prise électrique près du lit. Pour rien. Car ayant déjoué le piège, mâles et femelles dansent toute la nuit en rigolant autour, comme autour d’un feu de camp. Au bout de 47 jours il nous semble qu’on les connaît presque tous et toutes par leur prénom. Quand ils moustiquent auprès de l’oreille, (oui le bourdon bourdonne, le moustique moustique), on reconnaît le souffle d’Adèle. Ou bien est-ce Jean-Paul ?

moustique

Et soudain plus un bruit. Où est-il posé le bougre ? Un mouvement de paupière, un bras jeté en l’air, la couette secouée et le moteur redémarre. Il ne devait pas être loin celui-là. A-t-il eu le temps de faire son méfait. Était-ce un mâle ou une femelle, pas facile de les reconnaître dans le noir. Aïe ! ça y est le cou gratte. Et la voilà qui repasse pour un tour d’honneur : piqué au-dessus du    lit,   voltige  avant, triple pirouette arabesque, looping arrière suivi d’un double salchow et d’un boucle piqué. Elle a encore une goutte de mon sang dégoulinant à l’orée de son stylet  suceur. Salope, barre-toi sinon demain je dégaine ma bombe de prédation d’insectes volants ou ma pantoufle à crampons mortels et je t’écrase comme une merde, compris…

Ainsi, va l’été. Les culicidés nous sucent sans répit. Et le réchauffement climatique nous annonce des lendemains encore plus démangeatoires. Des moustiques de toutes sortes, des berlines, des cabriolets, des tigres. C’est dengue. Attention à vous, quand le moustique tigre, le chikun  gunye…

 C.V.E.

 

 

Les émoticônes  Berk & Chouette

Par Dominique BOUMIER

 

Emoticône berk

 

Et voilà, c’est l’ouverture de la chasse, cachez-vous vite lapins, perdrix, chevreuils, vanneaux… (et promeneurs, deux victimes au moins sur la dernière saison), à la vue de ceux qui, armés de leur fusil, n’hésiteront pas à vous faire la peau. Ok, ne mettons pas tous les chasseurs dans le même panier, il y a les tueurs et les amoureux de la nature. Mais cette corporation possède, comme toutes les autres, son contingent d’irréductibles imbéciles. Vous savez ceux qui vous affirment qu’ils sont indispensables  à  l’équilibre  de  la  nature,

qui tuent les chats, qui tuent les buses (même si c’est interdit) qui tuent… Alors que le seul mammifère responsable de tous les déséquilibres naturels c’est justement l’homme, à commencer par le réchauffement climatique. D’ailleurs, s’il laissait la nature faire le monde serait paradisiaque. Et c’est à ceux-là que notre président, Emmanuel Macron, fait un beau cadeau en faisant passer le coût du permis de chasse national de 400 € à 200 €. Franchement, ça ressemble à un privilège pour les plus riches des chasseurs. A bas les privilèges.

 

 

Emoticône chouette

L’écologie a de plus en plus le vent en poupe, quand bien même Nicolas hulot a démissionné de son rôle de ministre, écœuré par un président qui ne prête son oreille qu’aux riches chasseurs. Les initiatives se multiplient pour remettre la nature au centre de nos préoccupations. Certes, les catastrophes sont là qui en font réfléchir plus d’un, mais il n’est jamais trop tard pour bien agir. Je pense à mon copain agriculteur, qui ne voudrait pas que je le cite, qui, sans parler bio, a un comportement respectueux vis-à-vis des petites bêtes (et des grosses), à commencer par les vers de terre.

Je pense à l’Europe qui vient de donner raison à ceux qui prétendaient que les plantes mutées devaient être qualifiées d’OGM et donc subir le moratoire national. Je pense à toutes ces initiatives comme celle de la commune d’Erdre-en-Anjou qui propose des graines de petites fleurs gratuitement à ses administrés pour qu’ils fleurissent les trottoirs. Je pense au procès qui rend Monsanto responsable de la maladie d’un utilisateur de glyphosate et à tous ceux qui ne vont pas manquer d’intervenir. Soyons en certain, la nature sans l’homme serait viable, l’homme sans la nature est condamné.

D.B.

 

Le 22 septembre, c’était comment ?

Par Nimajneb

 

22 septembre 1985

pont-neuf-emballe

Christo Javacheff, dit Christo, emballe le Pont Neuf à Paris pour quinze jours, à l’aide d’une toile qui change de teinte en fonction de la lumière du soleil. Il a nécessité 40 000 m2 de toile, 12 tonnes de câbles d’acier, et  l’intervention de 300 professionnels spécialisés dirigés par 12 ingénieurs. De fortes réticences administratives mais également des problèmes esthétiques et même politiques ont fait que ce projet à mis dix ans avant d’être mis en place. De part cette œuvre d’art, l’artiste veut offrir un regard neuf sur le plus ancien pont de Paris, puisque la construction de ce dernier date date de 1578.

 

22 septembre 2007

marceau

Décès à 84 ans du mime Marceau. Il s’était d’abord dirigé vers une carrière de peintre et d’émailleur avant de se découvrir une passion pour le théâtre. Après avoir suivi les cours de Charles Dullin, il s’essaye à l’art du mime et fonde sa propre compagnie en 1947. De 1969 à 1971, il anime l’Ecole internationale de mime et fonde sept ans plus tard l’Ecole internationale de mimodrame de Paris. A travers son légendaire personnage de Bip, il arpente les scènes internationales, de la France aux Etats-Unis en passant par la Chine et le Japon. Au-delà de ses nombreux spectacles et de ses multiples tournées, le Mime Marceau s’était illustré sur grand écran, notamment dans quelques courts-métrages mais aussi dans La Belle et l’empereur (1959), Barbarella de Roger Vadim (1968), Shanks (1974) ou encore La Dernière folie de Mel Brooks (1970) où l’on entendit sa voix pour la seule et unique fois.

 

22 septembre 1914

meaulnes

Décès de Alain-Fournier, écrivain français, notamment connu pour son livre « Le Grand Meaulnes ».

On lui doit également des citations telles que « Un homme qui a fait une fois un bond dans le Paradis, comment pourrait-il s’accommoder ensuite de la vie de tout le monde ?, « Le bonheur est une chose terrible à supporter. Surtout lorsque ce bonheur n’est pas celui pourquoi on avait arrangé toute sa vie », « L’amour comme un vertige, comme un sacrifice, et comme le dernier mot de tout » ou encore « Peut-être quand nous mourrons, peut-être la mort seule nous donnera la clef et la suite et la fin de cette aventure manquée. »

Nimajneb

 

 

LA CURIOSITE DU MOIS :  Le microcoulier

Par Sylvie Todeschini

Sauve, petite commune du Gard, située à une trentaine de km de Nîmes, est la capitale de la fourche. Le micocoulier de Provence, (celtis australis) est un arbre appartenant à la famille des Ulmacées représentée par les ormes. A Sauve, on l’appelle aussi « Fourchier » en raison de son usage. C’est avec son bois que l’on fabrique la célèbre « fourche de Sauve ». Cette culture est multi centenaire puisque l’on peut en retrouver la trace dans le Cartulaire de Maguelone au XII ème siècle. Cependant son origine reste incertaine. Cet arbre à la frondaison majestueuse, au tronc lisse et droit, peut atteindre une taille de 25 à 30 mètres. Comme l’olivier, il peut renaître d’une souche multiséculaire. Même si les parties aériennes de l’arbre venaient à être détruites par la cognée, le feu ou le gel, il repartirait en rejets vigoureux tant que la souche et les racines ne seraient pas atteintes. C’est cette pérennité de la souche qui permet la production en continu de fourches tous les ans, sur le même arbre. La présence à l’aisselle des feuilles   de   trois   bourgeons   que l’on nomme localement « Fleur de Lys » est à l’origine des trois rameaux, donc des trois becs de la future fourche. L’art des sauvains est donc de savoir conduire harmonieusement leur développement pour obtenir des rameaux de même diamètre, ce que la nature ne réalise que rarement. Ensuite la qualité du bois, à la fois flexible et malléable lorsqu’il est vert, puis dur, résistant mais léger lorsqu’il est sec, a été reconnue comme la caractéristique essentielle qui permet son travail et l’obtention d’une fourche très maniable et peu sujette à la vermoulure. Elles y sont fabriquées depuis le 12ème siècle, il s’agit d’un artisanat unique au monde. Elles sont fabriquées à la main, d’un seul tenant, elles sont légères (moins de 1,5 kg), et très résistantes. La composition en bois permet de ne pas blesser les animaux, voilà pourquoi elles sont encore beaucoup utilisées dans les haras. 100% naturelle, elles sont très maniables, imputrescibles et antistatiques.

arbre ST

 

Le travail passe par trois étapes : la première et certainement la plus délicate est celle de la taille  « le réblaquage ». Le travail d’un bon  « réblaquaïre »  qui s’échelonne sur 5 à 7 ans, est de conduire avec une taille spécifique et raisonnée, les rejets vers la forme souhaitée d’une fourche. Puis une jauge lui permet de savoir le moment où la fourche est prête à être coupée. La seconde étape est le façonnage nécessitant là aussi toute la dextérité du  « Plégaïre » qui devra peler, galber et cravater la fourche à l’aide d’un outillage bien spécifique. Un court passage au four est nécessaire pour rendre encore plus malléable la fourche.

fourches ST

 

La troisième est la cuisson. Les fourches ainsi préparées dans leur moule et par groupes d’une cinquantaine, sont enfin prêtes pour un nouveau passage au four où elles resteront environ quinze à vingt heures à 120 degrés. La chaleur entraîne alors la dessiccation des fourches qui seront brunies par la fumée. Seule la partie protégée par la cravate restera blanche et donnera la touche d’élégance caractéristique de cette production Sauvaine. A l’origine la fourche servait essentiellement pour les travaux agricoles. La mécanisation en a modifié les usages. Actuellement elle est encore employée dans les haras, clubs hippiques, mais aussi dans l’industrie de la laine, du duvet ou l’activité lavandéicole. Elle est aussi utilisée dans les spectacles (reconstitutions historiques) ou la décoration.

fourche ST

 

S.T.

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